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Entrepreneur forestier : Novembre 2008 - Le Monde Forestier

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Vous pensiez que la crise forestière et financière avait hypothéqué jusqu’aux rêves des futurs entrepreneurs. Détrompez-vous: plusieurs jeunes forestiers conservent leur capital d’idées actives. C’est le cas de FRANÇOIS BOURDONCLE, entrepreneur forestier, propriétaire d’une scierie mobile basée dans la région de Québec.

Titulaire d’un diplôme d’études professionnelles et collégiales en foresterie, M. Bourdoncle a tout d’abord été opérateur de multifonctionnelle sur la Côte-Nord. Lorsqu’il occupait son emploi, le désir de lancer sa propre entreprise a tranquillement germé dans son esprit. Il n’était pas dupe: démarrer une entreprise nécessite des capitaux, qui sont souvent inexistants lorsqu’on vient tout juste d’intégrer le marché du travail.

Après quatre années à Sept-Îles et une année passée à la Maison en bois rond LA CÎME, François Bourdoncle avait suffisamment fignolé son idée et amassé l’argent nécessaire pour faire le grand saut, il y a maintenant deux ans. «Au début, les contrats annuels représentaient 150-200 heures de travail par année, ce qui ne me permettait pas de travailler à temps plein dans mon entreprise. Aujourd’hui, je cumule autour de 650-700 heures par année, et je vise 1 000 heures pour l’an prochain. À ce rythme, j’aurai bientôt besoin d’engager quelqu’un pour remplir tous mes contrats.»

Portrait de l’entreprise

«Le siège social de l’entreprise est situé à Breakeyville, mais je me déplace partout dans la région de Québec, sur la Rive-Sud, Portneuf, l’Amiante, Beauce, Charlevoix, Lotbinière et même plus loin dans certaines situations!», lance le propriétaire. Un avantage marqué de faire appel aux services de la scierie mobile François Bourdoncle est de permettre la transformation du bois directement sur place et de le rendre disponible sans transport pour une utilisation immédiate. «Tel que je le mentionne à mes clients, il faut quand même avoir une quantité minimale de bois (30 billots) pour que l’opération soit rentable pour moi et les propriétaires. Dans certains cas, il est possible de réaliser les travaux à un tarif horaire si les quantités de bois sont très faibles.» Tel que mentionné sur son site Internet, l’entrepreneur suggère aux propriétaires forestiers de se regrouper afin d’augmenter le volume de bois à scier. «Cela diminue les coûts de transport et les pertes de temps», précise M. Bourdoncle.

La clientèle se divise en deux catégories principales. «Il y a les producteurs forestiers qui ont des terrains de moyenne et grande superficies et qui tirent des revenus de leurs lots à bois. Cependant, il y a l’apparition importante d’une nouvelle catégorie d’acquéreurs de lots boisés. Ces clients achètent un terrain en vue de s’y établir. Ces gens-là sont de jeunes retraités, ont du temps et veulent s’investir dans un projet de réalisation. En sciant leur propre bois, ils peuvent alors construire la résidence de leurs rêves», explique M. Bourdoncle.

Selon lui, «le secret réside dans la connaissance du marché. Il faut être en mesure de remplir des contrats diversifiés. La machine que j’utilise est conçue pour les bois du Québec. Elle scie autant les résineux que les bois francs. Le bois n’est pas plané, mais la coupe est franche et de qualité.» En effet, l’entreprise est polyvalente et flexible. Elle peut s’adapter aux besoins spécifiques des clients. «J’ai déjà effectué des contrats de délignage pour Parcs Canada. Je réalise aussi des contrats spéciaux. J’ai effectué du sciage de billots pour des maisons en rondins, ce qui requiert des longueurs non standard.» La plus grande difficulté réside dans l’efficience de l’organisation du travail. M.Bourdoncle: «Telle une grande usine de sciage, je suis soumis à des contraintes de temps et de productivité. Une journée typique me permet de scier entre 5000-6000 pmp pour le bois de construction. Cependant, certains facteurs peuvent réduire mon efficacité comme, par exemple, des essences mélangées ou du bois mal empilé.»

Sciage mobile: un avenir prometteur?

Le travail ne manque pas pour François Bourdoncle. Grâce à l’augmentation de ses contrats, il va maintenant réinvestir dans sa compagnie. «Je viens tout juste de m’acheter une nouvelle machine hier. J’ai choisi un modèle LT 40 Wood-Mizer, qui sera plus performant encore que ma précédente.» Quant à ceux qui voudraient emprunter le même chemin que lui, son conseil est simple: ne pas lésiner sur les efforts. «Il faut travailler sans relâche. En forêt, il y a des périodes très difficiles, mais il faut absolument s’accrocher. Ce n’est peut-être pas un métier ouvert à tous, mais c’est assurément un métier de passion. Lorsque l’on fait preuve de persévérance et d’audace, on finit par réussir!», conclut M. Bourdoncle.

«Telle une grande usine de sciage, je suis soumis à des contraintes de temps et de productivité. Une journée typique me permet de scier entre 5000-6000 pmp pour le bois de construction. Cependant, certains facteurs peuvent réduire mon efficacité comme, par exemple, des essences mélangées ou du bois mal empilé.»

Karine Provost



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